mercredi 5 octobre 2011

(Animation) Le reboot : nouvelle arme de l'animation japonaise?

C'est devenu une véritable mode de nos jours, dans une vision de rentabilité plutôt que d'originalité : Le reboot.

La première façon de se rendre compte est de taper le terme dans votre moteur de recherche favori. Le pire étant que ça ne touche pas que le cinéma, pionner dans le genre, puisque le jeu vidéo est également touché par ce souci de maximiser les licences à succès.

Avant toute chose, et afin de bien présenter le sujet, je vais vous donner une définition. Dixit Wikipedia, c'est un terme anglais (OH OH) désignant "la nouvelle version d'un film, d'une série télévisée ou d'un jeu vidéo, où l'histoire repart sur de mêmes bases mais dans des directions différentes (à la différence d'un remake)".

Le cas qui nous intéresse ici est l'animation japonaise. Loin d'être à son pic de forme, notamment à cause du téléchargement qui vampirise quelque peu les ventes (même si une étude l'a démontré) et même si les acteurs de cette industrie se sont organisés, quelques exemples nous montre que le reboot y fait partie de la nouvelle stratégie pour sortir de cette situation.

Les 3 exemples qui vont suivre sont très intéressants à étudier, car ce sont 3 formes différentes de reboot.

Le pionnier des reboots?


Le premier d'entre eux, et certainement le plus contesté, est sans nul doute Dragon Ball Kai. Il s'agit du remontage de la série originelle Dragon Ball (+ Dragon Ball Z) effectué afin de coller le plus fidèlement possible au manga d'Akira Toriyama. Ainsi, on passe d'un total de 444 épisodes à 98 épisodes ! En plus de cet amaigrissement, rendant la série moins indigeste, l'image est maintenant plus nette, puisque en HD, respectant les standards actuels.



Avant toute chose, il faut savoir que le manga a commencé à être prépublié en 1984 dans le Weekly Shonen Jump, tandis que la série d'animation a débuté en 1986. Si le début de la série est identique aux deux versions, l'avance initialement prise par l'oeuvre de Toriyama a fondu comme neige au soleil, obligeant l'équipe derrière l'anime à créer de nouvelles histoires totalement hors sujet par rapport à l'original. De même, afin de ne pas rendre le récit confus, il fallait attendre qu'une bonne partie d'un arc (du manga) soit avancé avant de penser à l'inclure dans l'anime. Ces épisodes hors sujet n'étant pas toujours intéressants (l'exemple actuel de Naruto le démontre à merveille), cette nouvelle version permet de redonner davantage d'intérêt pour les personnes ayant déjà vu l'anime comme pour celle les découvrant.


Parler de reboot est certes fort pour caractériser Dragon Ball Kai, car il ne rentre pas dans la définition donnée au début de cet article. Cependant il s'agit du premier exemple d'envergure (récent) entrainant une modification du matériel original avant d'être diffusé. Le reboot a ici une vocation esthétique sans apporter une évolution au niveau de l'histoire. Ce rafraichissement permet d'avoir une relecture intéressante, même si au final il ne s'agit que de la version anime du manga.

Certes ce premier exemple est très tiré par les cheveux, mais il me permet de présenter les deux autres exemples qui sont de vrais reboot, là encore pour des raisons différentes : Full Metal Alchemist Brotherhood et Hunter X Hunter.

L'exemple typique du reboot

Full Metal Alchemist est aux années 2000 ce qu'est Dragon Ball pour la décennie 90 : un énorme succès. Tous les deux sont des shonen, mettant en scène des personnages à fortes personnalités, et surtout dans un univers créé de toute pièce, créant une véritable mythologie auprès du public. Le succès aidant, une adaptation anime était donc forcément dans les tuyaux. Mais là encore, le même souci que celui connu pour Dragon Ball pointe le bout de son nez. La prépublication du premier chapitre du manga dessiné par Hiromu Arakawa commence en 2001 dans le Shonen Gangan. L'anime démarque à partir de 2003, soit deux ans plus tard.
A la différence de Dragon Ball, aucun épisode hors sujet ne sera réalisé. En effet, les 13 premiers épisodes de l'anime (réalisé par le studio Bones) seront identiques au manga, avant que l'histoire ne devienne totalement indépendante, entrainant une seconde lecture de la série.


L'idée derrière Full Metal Alchemist Brotherhood est justement de permettre à l'anime de suivre la trame du manga. Diffusé à partir de 2009, elle prendra place sur 63 épisodes. C'est toujours le studio Bones que l'on retrouve à la production. La série fut aussi l'une des premières à être proposer en streaming légal, une semaine après la diffusion japonaise. Une façon de court circuiter le travail des fan sub. A noter qu'il est toujours possible de voir l'intégralité des épisodes (de façon légale) à cette adresse, Dybex ne les ayant pas retirer malgré la commercialisation des DVD en France.


Nous voici donc devant l'exemple typique d'un reboot. Une différence au niveau du contenu des deux séries, que ce soit au niveau du scénario, mais également du chara design, beaucoup plus doux que celui de la première série (se rapprochant, de fait, du trait de la mangaka). C'est aussi une bonne façon de ravivez la flamme des fans de la série, puisque le laps de temps entre la diffusion des 2 séries (6 ans tout de même), leur permet de redécouvrir les personnages (qui avait été dans l'ensemble introduit dans la première version de l'anime, au vu de l'état d'avancement du manga) dans une histoire qui leur sera inconnue, s'ils n'ont pas lu l'oeuvre d'Arakawa

Un petit goût de reviens-y


Dernier exemple en date, Hunter X Hunter, pour qui une nouvelle série d'animation verra le jour à partir de ce mois ci (Octobre 2011). Elle reprendra l'ensemble de l'histoire développé depuis le premier tome, sera produite par un nouveau staff (Madhouse, quand même) avec un nouveau casting pour les voix des personnages.


Il faut se souvenir que la production du premier anime avait été chaotique, avec une première partie de la série (jusqu'à l'arc de York Shin City) de 62 épisodes. Puis plus rien, avant la sortie de 3 séries d'OAV pour couvrir l'arc Greed Island.


Contrairement aux deux premiers exemples de reboot, la première série s'est arrêtée alors que l'anime n'avait pas encore rejoint le manga. D'ailleurs, on peut retrouver de la part du mangaka plusieurs apartés au sein des tomes reliés, faisant référence à l'arrêt de la série mais sans donner de précisions quand à son arrêt.


A l'image du manga, arrêté à de nombreuses reprises, que ce soit à cause de la santé de Yoshihiro Togashi ou de son manque de motivation, l'anime connaîtra une nouvelle jeunesse. Personnellement, ayant lu le manga, j'ai eu du mal à rentrer de plein pied dans l'anime à cause d'un problème de rythme, bancal, mais aussi d'un chara design pas toujours heureux (Gon à l'air toujours plus vieux que dans le manga). 

On attend de voir ce que va donner cette nouvelle version, et si l'intérêt du public sera toujours présent, pour ce qui reste une excellente série au demeurant.


Il est évident que pour les 3 exemples présentés ici, il s'agit de 3 énormes succès publics (Hunter X Hunter a été vendu à 55 millions d'exemplaires pour 29 volumes, rien qu'au Japon). C'est une très bonne façon pour les éditeurs de remettre en avant ce genre de licences, en avançant l'argument de la nouveauté. Il est à noter qu'en dehors de Dragon Ball (dont des adaptations vidéoludiques sortent tous les ans), FMA et HxH n'ont pas d'actualité autre que le manga et l'anime. Mais étant donné leur notoriété (aussi bien au niveau du Japon, qu'au niveau mondial), l'incertitude quand à leur viabilité est minimale.

Alors, certes en comparant l'exemple de l'animation (japonaise) avec les autres mastodontes que sont le cinéma et le jeu vidéo, on se rend compte qu'elle va sur la même voie. L'exception se joue sur l'intensité à laquelle va cette nouvelle vocation. Car contrairement au cinéma où un reboot est annoncé chaque semaine (j'exagère à peine), l'industrie de l'animation japonaise n'utilise pas que cette ficelle pour faire des animes à succès. En comparaison de tout ce qui peut sortir en terme de quantité (et de qualité), ce qui a été présenté ici n'est qu'une goutte d'eau, et le circuit habituel de production reste inchangé, avec une partie venant de succès de prépublication (d'où provienne ces 3 exemples), et le reste venant de productions originales (je ne compte bien évidemment pas Gundam^^). 

Pour finir, loin de moi l'idée de trouver cette tendance alarmanteJ'ai moi même apprécié le reboot de FMA Brotherhood, qui est de grande qualité. Le nombre d'épisodes (63) n'empêche pas que la série reste intense sans aucun temps mort. Au final, du reboot oui, mais pas de n'importe quelle façon !

EDIT : j'aurais aussi pu parler du reboot d'Astro, mais il a tellement été galvaudé par la version américaine (que nous avons eu en Europe), que j'ai préféré passer outre. De même que pour le reboot des mystérieuses cités d'or, dont on attend encore de nouvelles informations.

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