Chère Dreamcast,
Cela fait 10 ans déjà que tu es sortie en France, 10 ans d'émotions, 10 ans de frustrations, 10 ans de jeux tout simplement. Si aujourd'hui tu es encore une console chère à de nombreux joueurs, ce ne fut pas le cas à tes débuts. Beaucoup gardaient encore en tête l'échec de la Saturn, qui fut balayer par la comète Playstation. La saturn était certainement la console qui gérait le mieux la 2D, mais à l'époque où la 3 dimension était appelée à prendre sa succession, ce choix n'en fut que vain.
C'est en 1999 que tu as vu le jour, au pays du soleil levant, avec déjà de très bon jeux, représentatif de l'ambition de Sega de reprendre pied dans le marché du jeu vidéo. Parmi eux, Virtua Fighter 3TB (créé à l'origine par Yu Suzuki) et Sonic Adventure (le dernier bon Sonic en 3D jusqu'à aujourd'hui). Ces deux softs furent rejoint par la véritable première locomotive de la console au tourbillon, Soul Calibur. Magnifique transposition du hit d'arcade créé par Namco, il fait parti de ces jeux qui ont influencé (et influence encore aujourd'hui) les jeux de combat 3D. Il est devenu une véritable référence, d'une part graphiquement (on avait jamais vu un jeu d'un tel niveau sur les consoles de salon) et d'autre part en terme de plaisir de jouer, laissant autant aux néophytes qu'aux joueurs confirmés le plaisir d'un gameplay parfaitement calibré. Et les ventes ont suivi, dès lors on pouvait penser que Sega avait réussi son pari, d'autant que les ventes aux Etats Unis et en Europe suivaient la même tendance.
Oui mais voilà, c'était sans compté Sony et l'annonce de la sortie prochaine de la Playstation 2 (annonce qui eu lieu quelques jours avant la sortie de la Dreamcast au Japon). Dès lors les consommateurs décidèrent d'attendre la sortie de cette nouvelle console (qui avait pour principaux atouts la rétrocomptabilité avec les jeux Psone ainsi que son lecteur DVD, à l'époque encore minoritaire par rapport à la VHS). Soyons franc, cette console nous a également offert de très grands moments vidéoludiques aujourd'hui encore ^^.
Mais Sega a décidé de ne pas te laisser tomber, comptant bien utiliser tous les atouts qu'ils avaient en poche. Premièrement, le choix d'incorporer un modem était tout nouveau pour une console de salon. On pouvait dès lors aller sur internet pour visiter des pages web ou bien jouer en ligne. D'ailleurs on retrouve ces fonctionnalités sur de nombreux jeux, de Chu Chu Rocket (jeu gratuit avec la console) à Quake 3 Arena en passant par Phantasy Star Online.

Ensuite, la Dreamcast a été largement gaté par les jeux : Resident Evil Code Veronica, Virtua Tennis 2, Soul Calibur, Metropolis Street Racer, House of The Dead 2, Ecco The Dolphin, Jet Set Radio, Crazy Taxi, Skies of Arcadia, Grandia 2, j'en passe et des meilleurs. La structure de la console a fait que les jeux ont dès le début atteint une bonne qualité graphique, les développeurs déclarant souvent que les jeux étaient plus "faciles" à développer que sur PS2. Sa structure proche de ce que l'on pouvait trouver en Arcade à l'époque permettaient de faire des convertions plus facilement. C'était également un des atouts forts de la console : L'arcade à la maison.
Autre caractéristique de la console, sa carte mémoire : le VMU (visual Memory Unit). Il s'agit de la première carte mémoire avec un écran. Par exemple, elle servait à suivre en direct le niveau de vie de votre personnage dans Resident Evil Code Veronica sans passer par le menu. Le VMU tient aussi le rôle de mini console de jeu, fonctionnalité qui ne fut pas souvent utilisé (elle permettait entre autre de s'occuper de son Chaos - petit animal dans Sonic Adventure que l'on peut comparer à un Tamagochi - où d'obtenir un mini jeu pour Skies of Arcadia). Toutes ces petites choses étaient certes intéressantes, mais tenaient plus du gadget au vu de l'intérêt décroissant avec lequel s'en sont servi les équipes de développement.
Dernier atout de la console, la possibilité de jouer jusqu'à 4 joueurs sans multitap, démontrant la souci de Sega de pouvoir toucher le plus de monde possible, et surtout mettre en avant le côté convivial, que proposait aussi l'alternative du online, fonctionnant plutôt bien (Quake 3 Arena ne subissait pas de lag trop important malgré le modem 56k). Il est un point à noter, c'est le nombre d'accessoires produit pour la dreamcast : volant, pistolet, stick arcade, mais aussi et plus inattendu une canne à pêche ainsi que des maracas (pour Samba de Amigo).
La console était donc paré pour faire quelque chose de grand, ce qu'elle a fait en laissant de magnifiques rêves chez les joueurs. Cependant tout ne fut pas parfait pour Sega. Car même si les ventes furent bonnes, la santé financière de la marque au hérisson fut terni par des pertes très fortes, dont les principales causes furent l'échec de la Saturn, le développement et le lancement de la Dreamcast, ainsi que le financement de certains jeux (comme Shenmue) qui furent de vrais gouffres. pour info, Shenmue a couté près de 60 millions de dollars, quand on sait qu'aujourd'hui un jeu comme Uncharted 2 n'en a coûté "que" 20 millions...
Shenmue caractérise à merveille la trajectoire de la dernière console de Sega. Véritable arlésienne qui devait à l'origine sortir sur Saturn (sous le nom de Virtua Fighter RPG). Le projet fut relancé sur Dreamcast et devait compté au total 16 volets (seul 5 sont sorti, le 1er épisode - Shenmue- et le second regroupant 4 volets d'un seul coup-Shenmue 2). L'idée de cette grande saga fut Yu Suzuki, véritable pierre angulaire de l'époque dorée (Megadrive) de la marque, il permit de créer de nombreuses licences notamment en Arcade, tel Hang On ou Space Harrier. Pour l'anecdote, on retrouve ces jeux dans une salle d'arcade dans Shenmue, jouable contre quelques crédits. Dommage que le public n'est pas suivi pour ce jeu, doté de graphismes qui n'ont pas vieilli, d'une bande son magnifique. Cet échec a surtout marqué la mise à l'écart de Yu Suzuki et a surtout laissé Sega dans une période incertaine.
31 janvier 2001, la nouvelle tombe : Sega anonce l'arrêt de production de la Dreamcast officiellement en mars 2001. L'arrivée de la playstation 2 à la fin de l'année 2000, les pertes mettant en danger le constructeur japonais (qui d'ailleurs sera racheté par Sammy, un éditeur de Pachinko) ont eu raison de leur dernière console. Une des raisons de cet insuccès est également à voir du côté d'Electronics Arts qui n'a jamais décliné sa gamme de sport (Fifa, NBA, NHL, ...) sur la console de Sega, tout comme Konami qui ne développa aucun épisode de PES sur Dreamcast. Du coup de moins en moins de jeux furent développé sur Dreamcast. Pire, Sega annonce déjà des jeux sur PS2 (par exemple Virtua Fighter 4), une véritable révolution. Toutefois, Sega décida tout de même d'offrir un jeu hommage à la console, un concept étrange où Sega se permet de mettre en avant les licences qui ont fait son succès depuis sa création, avec un ton totalement décalé. Un véritable dernier hommage à cette console, qui n'aura vécu que 4 ans.
Et aujourd'hui?
2009 : la Dreamcast reste encore une console encore appréciée par les joueurs. La preuve? des jeux sortent encore tous les ans sur la plateforme. Un constructeur a décidé de ressortir la console en quelques exemplaires cette année également. Tout ça nous fait regretter que cette console n'ait pas fonctionné auprès du public comme son potentiel le laissait augurer. De même, de nombreux hommages ont vu le jour au moment de fêter les 10 ans de la sortie de la Dreamcast (sortie aux Etats Unis le 09/09/99 - tiens j'aurais pu le rajouter à mon avant dernier post^^). Que ce soit les sites de jeux vidéo (
ici,
ici et
ici), par le biais de
sondage, ou par l'
avis d'acteurs majeurs de l'époque, la Dreamcast n'a laissé personne indifférent. Et c'est par le biais de ce post que je lui rend l'hommage qu'elle mérite.