samedi 11 mai 2013

(Manga) Bakuman 14 et Silver Spoon 2

(cet article va contenir du spoiler, faîtes attention)

Les valeurs sûres, il n'y a que ça de vrai. Sur un marché ultra bouché par le nombre d'acteurs comme par le nombre de sorties tous les mois, il devient évident pour les différents éditeurs d'avoir de vrais fers de lance. Pour cela, la meilleure chose à faire est de se baser sur des auteurs ayant déjà connu du succès en France. Coincidence (je ne pense pas) pour les deux titres qui vont être évoqué ici, puisqu'on rentre pile dans la cible. Le premier cité, Bakuman, dont on va voir ce que vaut le 14ème tome, est dessiné par Takeshi Obata (et scénarisé par Tsugumi Oba), précédemment auteur de Death Note, grand succès du côté de chez Kana.

Silver Spoon est un titre qui aura son importance en cette année 2013. Et Kurokawa l'a bien compris, en se basant sur une communication très diversifiée, des kits en forme de boite de lait et de cuillère en argent à la présence d'un stand au salon de l'agriculture. Et sans compter qu'Hiromu Arakawa n'est pas une inconnue puisqu'on lui doit Full Metal Alchemist.

Bakuman 14

Le rythme est désormais bien rodé, réglé comme du papier à musique. On retrouve toujours Mashiro et Takagi pour aller au bout de leurs objectifs... sauf pour ce tome qui fera la part belle à l'arrivée d'un nouveau personnage, Toru Nanamine. La fin du tome 13 avait déjà révélé le talent de cet auteur, puisqu'il avait retenu l'attention d'Ashirogi (le duo que forme Mashiro et Takagi pour ceux du fond qui ne suivent pas). Le début du tome 14 nous permet de découvrir ce que cache cette première histoire, très mature pour un dessinateur qui s'annonce précoce. En clair, on se rapproche de ce que voulait faire Ashirogi à leurs débuts.

Si le manga foisonne toujours autant de personnages, cela n'empêche pas d'en voir arriver de nouveaux (et de si retrouver grâce au trait limpide d'Obata). Un nouvel éditeur, Kosugi, fait son apparition dans la rédaction du Weekly Shônen Jump.

En ce qui concerne l'histoire, on s'échappe du tourbillon des précédents tomes où l'on pouvait suivre les différents dessinateurs du Shonen Jump. L'intrigue se resserre autour de la rivalité qui pointe le bout de son nez entre Ashirogi et Toru Nanamine. Si les premiers voient d'un bon oeil l'arrivée du troisième, le revirement sera aussi radical que le comportement du nouveau venu est déstabilisant, à la limite de la schizophrénie. A l'heure où l'internet est roi et permet à chacun de communiquer rapidement avec énormément de personnes all around the world, il décide de se servir de cette force pour s'offrir une équipe de rédacteurs à moindre frais, ceux étant en désaccord pour un oui ou pour un non sautera définitivement. Il reprend à sa façon la formule bien utilisée en leur temps par les établissements bancaires en tant de crise : "privatiser les profits, socialiser les pertes".

Bakuman 14 est un bon tome de la série, mais on reste sur notre faim, face à la logique d'un homme qui ne lui permet pas d'aller au delà de sa simple réflexion. Ce manque de profondeur lui est clairement préjudiciable et empêche le manga de se sortir d'un certain conformisme. On appréciera cependant le retour d'un personnage qui se sert de ce prétexte (je vous laisse le découvrir) pour faire à nouveau parler de lui. On n'oubliera pas d'apprécier le trait toujours aussi limpide d'Obata, qui permet d'apprécier à sa juste valeur un manga pourtant doté d'un casting très nombreux. Good Point.

Fiche Technique
Titre : Bakuman
Auteurs : Takeshi Obata (dessin, Death Note, Hikaru no Go), Tsugumi Oba (scénario, Death Note)
Editeur : Kana
Nombre de tomes : 14 (France), 20 (Japon, série terminée)
Prix : 6,95 euros
Sortie du prochain tome : 5 juillet 2013 (tome 15)


Silver Spoon 2


Dans le style manga tranche de vie, Silver Spoon s'impose clairement comme un de ses très bons représentants. Non content d'être plaisant à lire, il fait aussi partie de ceux qui permettent d'obtenir de nombreuses informations.

Avant de rentrer directement dans la critique de ce deuxième tome, il est important de précisé qu'Hiromu Arakawa a baigné dans cet univers depuis qu'elle est toute petite. En effet, elle a travaillé dans la laiterie familiale, sur l'île d'Hokkaidô avant de partir vivre à Tokyo à l'age de 26 ans. Ce qui implique que ce qui se passe sur le papier correspond à la réalité et même à des situations vécues par l'auteure.

Etre dans un lycée agricole n'est finalement pas de tout repos. En plus de la partie théorique, que l'on ne voit, heureusement, que très peu, il y a la pratique, qui occupe les esprits de tous. Cette pratique apporte aussi de nombreux éléments positifs comme le démontre une nouvelle fois ce deuxième tome. De l'organisation d'un repas tourné autour de la pizza, aux travaux d'été, sans oublier les aventures qui en entrainent d'autres, on n'a pas le temps de s'ennuyer.

L'intérêt de ce tome est de comprendre aussi le fonctionnement de l'agriculture avec des structures de taille différente, comme le montre les exemples de Gigafarm et de la ferme familiale d'Ichirô. Le but reste de réussir à vivre de son travail, mais les moyens ne sont clairement pas les mêmes. Les premiers étant devenus davantage des gestionnaires, tandis que les seconds restent agriculteurs en restant sur le terrain. Ce n'est absolument pas une critique de ma part et de toute façon, le manga est suffisamment clair et explicite à ce sujet. C'est une excellente façon de montrer à travers les yeux de Yugo que le monde de l'agriculture n'est pas si simple que ça dans sa forme. Ne serait ce qu'en tenant compte de tous les aliments qui peuvent être produits, de la viande aux légumes, cela laisse un champ d'application extrêmement vaste. D'ailleurs pour bien comprendre ce qu'est l'agriculture au Japon, je ne peux que vous conseiller l'article paru à ce sujet sur le journal du Japon.

Cela reste un réel plaisir que de plonger dans Silver Spoon. On est pas là pour suivre un héros qui existe pour sauver le monde et cette respiration est forte agréable. Le trait d'Arakawa rappellera forcément son travail sur FMA, notamment quand on voit certains personnages secondaires, très ressemblants. On appréciera sa façon de dessiner les animaux, notamment les chevaux. On l'avait déjà remarqué dans le premier tome lors de la course de chevaux de trait, mais la suite reste du même calibre. Du bel ouvrage.


Fiche Technique :
Titre : Silver Spoon
Auteur : Hiromu Arakawa (Full Metal Alchemist, Hero Tales)
Editeur : Kurokawa
Nombre de tomes : 2 (France), 7 (Japon, série en cours)
Prix : 6,80 euros
Prochain tome : 4 juillet 2013 (tome 3)

vendredi 5 avril 2013

(Manga) Master Keaton



Il est enfin sorti. Alors que la série d'animation était disponible depuis plusieurs années en France, via les éditions IDP, le manga de Master Keaton n'est sorti qu'en Mars 2013. Pourquoi? Tout simplement, à cause de différents juridiques qui ont, heureusement, connu une fin positive, permettant à la série d'être enfin éditée chez nous et surtout de connaître une suite prépubliée en ce moment au Japon.

Paru entre novembre 1988 et août 1994 dans le Big Comic Original, cette oeuvre se situe dans la bibliographie d'Urazawa entre Pineapple Army (édité en son temps chez Glénat) et Happy ! (en ce moment édité chez Panini Comics). Elle nous conte l'histoire de Taichi Hiraga Keaton, né de mère anglaise et de père japonais, qui, après avoir quitté l'armée, partage son temps entre l'enseignement de l'archéologie à l'université et des enquêtes pour le compte d'une compagnie d'assurance. C'est bien sûr cette dernière partie que nous lirons principalement.

Si ce premier tome nous permet de découvrir qui est vraiment Keaton, il nous ouvre les portes vers des aventures et des enquêtes aux quatre coins du monde (même si, ne l'oublions pas, la Terre est ronde). Rien que dans ce premier tome, l'enseignant/enquêteur voyage en Grèce, en Italie, en Angleterre (pays d'origine de sa mère), en Chine et en Allemagne. Cela ne l'empêche pas de passer quelques jours au Japon, auprès de sa fille et de son père.

Si Keaton, mélange entre Indiana Jones et Mac Gyver, sait se sortir brillamment de différentes situations, parfois très délicates, il n'est pas aussi à l'aise vis-à-vis de sa famille. Heureusement, sa fille sait être là pour essayer de lui remettre les idées en place et lui donner les clés pour avancer de ce côté. 

En terme de dessins, Naoki Urazawa dispose déjà des bases de ce que deviendra son trait et son agencement des cases dans ses futures oeuvres. S'il mérite de gagner en constance, il est clair que l'on est déjà devant une oeuvre de qualité, notamment en ce qui concerne les décors, par moment, bourrés de détails, et omniprésents. On est loin de nombre de mangas actuels, qui délaissent l'arrière plan, pour jouer sur un dynamisme et une clarté du dessin. Le fait de n'être que dessinateur sur Master Keaton a certainement permis à Urazawa de gagner en expérience plus facilement sur son dessin en général, surtout pour une oeuvre qui tiendra sur 6 années de sa vie. Une expérience autrement plus importante quand l'on voit ce que sont ses dernières oeuvres, Billy Bat en tête. 

Toutes ces pistes jetées ça et là, que ce soit sur un chapitre ou sur trois, permet à chacun d'apprécier l'introduction et le début de développement que représente ce premier tome, pour une histoire prévue pour durer 12 tomes chez nous (avant une possible édition de la suite en cours actuellement). 

Dernier mot sur l'édition de grande qualité que l'on a à notre disposition. Outre un format plus grand que les tomes de poches habituels, on notera l'utilisation d'un vernis sélectif, du plus bel effet, pour la couverture. Des pages couleurs sont également présentes. Tout cela pour 15 euros, ce qui peut paraître cher, mais finalement un excellent compromis entre un nombre de pages important (322) et un format agréable à prendre en main.

Fiche technique 
Titre : Master Keaton
Auteurs : Naoki Urazawa (dessins) / Hokusei Katsushika et Takashi Nagasaki (scénaristes)
Editeur : Kana (label Big Kana)
Nombre de tomes : 12
Nombre de pages : 322
Prix : 15 euros
Prochain tome : 24 mai 2013 (tome 2)

mercredi 13 février 2013

(documentaire) Searching for Sugar Man



Il y a des histoires que même le plus prolixe des scénaristes n'imaginerait pas. C'est une histoire qui à trait à une sorte de mondialisation, à une sorte de coincidence, à un destin alambiqué mais tellement réel.

Cette histoire, c'est celle de Sixto Rodriguez. Alors que cet ouvrier se voit offrir la production de deux albums  durant les années 70, le succès n'est pas au rendez vous. Et pourtant, les producteurs y croyaient dur comme fer, y décelant un vrai joyau à polir. Mais las, un troisième album, pourtant en cours d'écriture, ne vera jamais le jour.

Alors que cette parenthèse semble derrière lui, le destin semble se jouer de lui à plusieurs milliers de kilomètres de Detroit, ville qui l'a vu naître. C'est ainsi qu'en Afrique du Sud, au moment où l'apartheid se durcit, qu'une jeune femme arrivant des Etats Unis, lance l'album de Rodriguez. Les personnes présentes accrochent immédiatement à ce qu'ils entendent. Petit à petit, de copie en copie, le succès se fait de plus en plus grand, jusqu'à ce que ces chansons deviennent un vrai symbole contre l'apartheid. Et pourtant, personne ne sait d'où vient cet album, qui est ce "Rodriguez", mais qu'importe, tant le plaisir des oreilles fait disparaître ses questions sans réponses.

Voici pour le début de l'histoire, pour connaître la fin, je vous conseille vivement de regarder le documentaire de Malik Bendjelloul. C'est bien simple, voir ce film vous rendra heureux. Heureux de découvrir cette belle histoire, de voir comment un homme seul à réussi à donner un vrai et beau sourire à de nombreux sud africains.

Alors que j'ai eu la chance de le voir hier dans mon petit cinéma de campagne (merci le cinéma art et essai), je me rends compte que peu de gens ont eu cette possibilité. Autant dire que je ne peux que vous conseiller de vous le procurer lors de sa sortie en DVD/Blu Ray.

Quand à la BO, il est évident que son achat en devient indispensable. N'étant composé que de chansons chantées par Sixto Rodriguez, et provenant de ses deux premiers albums, il montre que le talent n'était pas usurpé. Alors que ses producteurs faisaient une comparaison, somme toute logique, avec Bob Dylan, il est clair qu'il y a un air de ressemblance. Et même, en le réécoutant plusieurs fois, on ne peut qu'être frappé par la puissance de la composition et des instruments accompagnant le chanteur.
Ecouter l'album, c'est retrouvé un peu de la joie que nous a procuré la vision du documentaire.
Il est disponible sur Deezer, Spotify (pour une écoute immédiate) ou sur n'importe quel site marchand.

Pour terminer je vous conseille l'interview du réalisateur, Malik Bendjelloul, sur le site de The Independent, véritable complément au film.





lundi 11 février 2013

20ème Anime et Manga Grand Prix : l'heure du choix

Comme tous les ans, Animeland, magazine dédié à l'animation et au manga, demande à ses lecteurs (et aux autres, ne soyons pas sectaire) de réaliser leur top en terme d'animation (aussi bien les séries que les films) et en terme de manga (et de bande dessinée reprenant un style manga) . Logiquement ça se déroule jusqu'au 31 janvier, mais exceptionnellement, le magazine laisse la possibilité de voter jusqu'au dimanche 3 février inclus.

Alors que je lis Animeland depuis de nombreuses années (de mémoire, le premier numéro que j'ai acheté est le n°87, avec Ulysse 31 en couverture), je n'ai jamais participé au vote. A l'heure du choix, il est clair que ce dernier n'est pas évident à donner. Soit à cause du grand nombre d'anime/films d'animation/mangas de qualité ou bien à cause d'oeuvres qui ne se démarquent pas vraiment.

Les catégories ont évoluées par rapport à celles qui existaient au moment du 1er Anime et Manga Grand Prix. Afin d'éviter que la frustration ne soit présente, le vote est élargie aux séries/film/manga sortis en 2012, mais également aux oeuvres sorties avant 2012 (décrite dans le top comme "classique).

Histoire d'aller plus loin qu'une simple énumération, un commentaire permet d'expliquer mon choix, et surtout de vous donner envie d'aller voir ce qu'il en retourne, si vous ne connaissez pas encore.

Meilleur Anime Japonais 2012 : Sakamichi No Appolon - Kids on the Slope
Prenez le réalisateur (Shinichiro Watanabe) et la compositrice (Yoko Kanno) de Cowboy Bebop, proposez leur l'adaptation d'un josei (manga dont la cible sont les femmes de 18 à 30 ans). Vous obtenez alors une des franches réussites de 2012. Se situant en 1966 - une époque rarement mis en avant  en animation - on y suis Kaoru Nishimi, un adolescent qui vient tout juste de déménager. D'un naturel introverti, il se liera rapidement d'amitié avec Sentaro et Ritsuko, notamment grâce au Jazz. Si Kaoru a une formation classique au piano, il découvre avec un grand plaisir une musique qui offre une grande liberté à celui qui s'y intéresse.
En plus, Dybex a eu la bonne idée de proposer la série en streaming gratuit et légal, avant une sortie DVD/Blu Ray en 2013.

Meilleure Animation non japonaise 2012 : Silex in the City
Pour être tout à fait franc, j'ai eu du mal à trouver quelque chose pour remplir cette ligne. N'ayant pas souvenir d'une série d'animation non japonaise m'ayant interpellé, je suis resté sur le choix de Silex in The City, qui passe régulièrement sur Arte. Adapté de la bande dessinée de Jul, on y suis une famille du paléolithique, les Dotcom. L'intérêt étant que chaque histoire transpose un phénomène contemporain à cette époque reculée de l'histoire. C'est clairement ce décalage qui apporte l'humour bien à propos de l'oeuvre.
Il est toujours possible de revoir d'anciens épisodes de la série, via le service de VOD d'Arte.

Meilleur film d'animation cinéma 2012 : Ernest et Célestine
Gros coup de coeur de l'année 2012, Ernest et Célestine fait partie de ces films d'animation qui ne peuvent pas vous laisser indifférent. Utilisant un rendu original fait de crayonnés, loin de la 3D, il parlera à tout le monde. Cette histoire à double langage est pleine de poésie, dans un monde où les ours et les souris s'évitent autant que possible, les uns ayant peur des autres et réciproquement. Tiré de l'oeuvre de Gabrielle Vincent, les personnages et l'univers sont simples mais diablement efficaces. A noter, qu'il s'agit d'une réalisation à trois têtes, ce qui est plutôt rare. Enfin, j'espère vraiment qu'ils obtiendront le César du meilleur film d'animation pour lequel ils sont nominés.
Outsider : Les Enfants Loups : Ame & Yuki. Grosse hésitation avec Ernest et Célestine, car Mamoru Hosoda met encore la barre très haut, après Summer Wars et La Traversée du Temps.

Meilleure série classique : Cowboy Bebop
4 ou 5 lignes ne suffiraient pas pour parler de l'amour inconditionnel que je porte à cette série, qui fête cette année ses 15 ans. Aujourd'hui encore elle reste d'actualité, pleine de fougue et dotée d'une bande originale hors du commun, énormément influencée par le jazz, tout en mettant à l'honneur d'autres styles musicaux. Cette histoire de chasseurs de primes de l'espace offre à celui qui posera ses mirettes dessus un aperçu de ce qu'est une histoire totalement maitrisée. Bravo et merci Sunrise.





Meilleur générique ou chanson : Tank ! (opening de Cowboy Bebop)
Et ça risque de le rester pour un moment encore. Alors que le choix du générique n'avait pas encore été effectué, l'utilisation de Tank! est finalement tombé sous le sens. Bien leur en a pris, tant cette minute pleine de punch apportera un vrai plaisir à celui qui laisse ses esgourdes tombées dessus.
Outsider : Opening de Vision d'Escaflowne : Après avoir revue la série cette année, et surtout l'avoir entendue en live lors d'un concert à la Japan Expo 2012, le générique d'introduction reste un morceau de qualité, toujours de la part de Yoko Kanno.

Meilleur doublage français 2012 : Ernest et Célestine
On prend les même et on recommence. La qualité du doublage d'Ernest et Célestine tient vraiment de la qualité des acteurs mais également des dialogues écrit par Daniel Pennac (également au poste de scénariste). Entre un Ernest bourru (doublé par Lambert Wilson) et une Célestine enthousiaste (doublée par  Pauline Brunner), sans oublier les autres personnages, cette association donne un peu plus de corps au film.




Meilleur Espoir Anime : Shingeku No Kyoujin
Voilà un anime qui risque de faire parler de lui cette année. Tiré d'un manga dessiné par Hajime Isayama,  ce dernier laisse le lecteur face à un monde en plein apocalypse, où des titans déciment la population mondiale. On peut être perplexe face à la noirceur que dégage le titre, même si ce sentiment laisse place à la curiosité. En effet, alors que le manga a commencé sa publication en 2009 dans le Bessatsu Shonen Magazine, il va connaître en 2013 une adaptation à la télévision ainsi qu'un film live, prévu lui pour 2014. Attention toutefois, le dessin ne plaira pas à tout le monde, avec une rigidité qui demandera un petit temps d'adaptation pour enfin s'intéresser à l'intrigue.

Meilleure série manga 2012 : Bonne Nuit Punpun
Le choix n'a pas été facile,  mais le fait est que Bonne Nuit Punpun est la véritable claque de 2012 au rayon manga. Derrière un parti pris graphique particulier, avec la représentation de Punpun et de sa famille sous les traits d'une simple silhouette se cache une vraie pépite. D'autant plus que le reste de l'oeuvre dispose d'une qualité de dessin forte, que ce soit au niveau du chara design que des décors.
Le manga d'Inio ASANO ne laissera aucun lecteur de marbre, mais il est évident qu'il parlera davantage aux adultes qu'aux adolescents.

Meilleur One Shot 2012 : Time Killers
Tout est venu de la découverte de l'anime de Blue Exorcist, tiré du manga de Kazue Kato et adapté par le studio A-1 Pictures. On y suis Rin et Yukio, fils jumeaux de Satan, et élevé durant leur enfance par le père Fujimoto, exorciste de son état. C'est à la mort de ce dernier, possédé par le démon lui-même, que les frêres jumeaux décident de devenir à leur tour exorcistes, afin de combattre leur père. Sous couvert d'une présentation peu originale, se cache un univers foisonnant très accrocheur. L'une des forces de l'anime vient du trait des personnages, fort en caractères et plein de rondeurs, rendant le tout attachant.

De cette découverte, est parti mon intérêt pour le one shot Time Killers, du même auteur, et rassemblant de courtes histoires écrites par l'auteure. L'intérêt vient de son travail foisonnant, que ce soit dans les histoires présentés comme dans les formats. On passe d'histoires plus ou moins longues, de pages en blanc et noir à de la couleur, dans des univers différents à chaque fois. On retrouve également l'histoire qui a mis en place les principes de Blue Exorcist, avant qu'elle ne deviennent une véritable série. Dans l'absolu, j'ai beaucoup de mal avec les histoires courtes, car on n'a pas le temps de s'y intéresser véritablement. Mais dans le cadre de Time Killers, autant dire que le pari est réussi, car en plus du matériau très intéressant, l'auteure termine par une courte bande dessinée, où elle se représente en lapin et où elle explique le contexte de création de chaque histoire. Autant dire qu'on a ici une petite pépite pleine de générosité, avec un dessin accrocheur d'entrée, même pour ses premiers travaux.

Meilleure BD au style manga 2012 : La Balade de Yaya
Gros coup de coeur pour la réédition des 3 premiers tomes dans un seul volume aux éditions Fei. Derrière un style très "myiazakien" se cache une histoire liant le destin de Yaya, fille de famille aisée et Tuduo, fils des rues de Shangaï, tout cela sous couvert d'un conflit qui ne se cache plus. Nous sommes alors en novembre 1937. Alors qu'elle se trouve séparée de sa famille, la petite Yaya décide de la retrouver, mais le chemin s'annonce très long...
J'en convient, classer La Ballade de Yaya dans la catégorie BD au style manga est quelque peu réducteur. Cependant, le style et le format correspondent parfaitement à l'idée que je m'en fais. Le dessin de Golo Zhao est de très bonne qualité, tout en restant homogène sur ce premier volume. 
L'histoire laisse à penser à une épopée au long cours, tant les péripéties s'accumulent pour les deux jeunes enfants. 

Meilleur Shonen Classique : Run Day Burst
Alors oui, c'est facile de parler de Run Day Burst. Après la phase de présentation, je suis passé à la phase du militantisme, tant l'histoire en 8 tomes, tout comme son auteur (Yuko Osada) mériteraient à connaître un succès plus important. Même s'il est poussé par Ki Oon, force est de constater que le manga est passé inaperçu pour beaucoup, alors qu'il remplit le cahier des charges nécessaires aux bonnes histoires. Tout d'abord, il sait s'arrêter, sans rajouter des tomes vides. Ensuite, le dessin, quoique vide en ce qui concerne les décors, apporte une vraie patate (j'évite d'utiliser le mot "dynamisme) à tout bout de champ, mais c'est vraiment le cas) à l'histoire. Un poil de fan service un peu subtil et distillé de façon raisonnable. Et enfin, un dernier tome d'anthologie, qui accrochera à coup sûr les chanceux ayant mis la main dessus. 
Shonen classique parce qu'il est sorti en 2011, mais ce titre a vraiment besoin qu'on s'y intéresse, un point c'est tout.
Pour finir, je fais de l'autopromo, puisqu'on a consacré une émission (avec l'ami Tuntun) à Yuko Osada, en revenant sur l'ensemble de sa carrière.

Meilleur Shojo Classique : Larme Ultime
Similitude toute trouvée avec la catégorie "Meilleure animation non japonaise 2012", la catégorie "Meilleur Shojo Classique" ne m'a laissé que peu de choix, sachant que ça fait bien longtemps que je n'ai pas lu de shojo. Pour autant, y placer Larme Ultime n'en fait pas une série au rabais, bien au contraire. Véritable claque aujourd'hui encore, Larme Ultime raconte une histoire d'amour  d'adolescents, pas si banale que ça. En effet, alors que couve un conflit entre pays, on découvre que Shu Chan (la jeune fille) n'est autre qu'une arme expérimentale. Forcément, le lecteur prend conscience de cette dramaturgie nouvelle, d'autant que l'héroïne paraît maladroite et gauche (et donc forcément attachante) dans la vie de tous les jours. Derrière ce destin cruel se cache un très belle histoire, enjolivée par le trait de Shin Takahashi, dans un style très shojo (grand yeux, peu de décors,...) tout en étant atypique. 

Meilleur Seinen classique : Vinland Saga
On connaissait Makoto Yukimura pour son manga Planetes, qui suivaient une équipe d'éboueurs de l'espace. Kurokawa a eu la bonne idée d'éditer, voilà plusieurs années, Vinland Saga, où le regard que pose l'auteur sur la période où les vikings semaient la terreur en Europe. On savoure toujours le dessin du mangaka, juste au possible.
J'en suis au cinquième tome, et même si l'auteur avance doucement en terme de chapitres, il m'en reste encore pas mal pour juger du déroulement à venir. Mais force est de constater que ces 5 premiers tomes sont de haute volée, notamment au niveau de l'histoire, où les combats se succèdent sur fond de décisions politiques sur l'actuel Royaume Uni.

Meilleur Espoir Manga : Kid I Ruck !
Où on parle encore de Yuko Osada. L'auteur de Run Day Burst, une fois son histoire terminée, ne se tourne pas les pouces, puisqu'il travaille déjà sur une nouvelle histoire. Prépubliée depuis le 1er juin dernier, on y suis les aventures de Jiro Yokin, délinquant de son état, qui décide de ne plus se battre suite à l'agression subit par son amie d'enfance. J'espère franchement qu'une sortie française ait la chance de voir le jour, pour cet auteur qui mérite d'être lu.


vendredi 1 février 2013

Une semaine de ski en approche

 
De souvenirs, ça fait 9 ans que je ne suis pas allé au ski. C'était en 2004, dans les Alpes, à Risoul. Depuis, et bien rien. Du coup, j'en profite pour partir demain durant une semaine à La Plagne, avec des potes. Le début risque d'être rude, histoire de remettre un pied devant l'autre, mais je ne serais pas tout seul dans la nacelle, et ça, c'est une bonne nouvelle. Cette semaine va me faire, de toute façon, énormément de bien, histoire de repartir de bon pied pour cette année 2013 qui va s'avérer pleine de surprises. 

Déjà, parce qu'après 13 mois de boulot, cet arrêt forcé aux stands commence à s'avérer vraiment long. Il faut dire qu'au début, j'en ai bien profité, mais point trop n'en faut. Du coup, au retour des vacances, on va se remettre fissa à la recherche d'un travail. Alors, oui, le marché en question n'affiche pas un optimiste béat, mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras.

En attendant, départ demain sur Nantes, avant le départ dimanche matin très tôt pour 10 heures de rêve de route, entre bitume et péage.

J'AI HATE :)

mardi 15 janvier 2013

(Bon plan) les moutons électriques et l'epub : l'exemple à suivre

L'ebook sera un des objets numériques clés de l'année 2013. Enfin, je crois...

Car pour que ce soit réellement le cas, il faudrait d'abord que les prix deviennent raisonnables. En effet, quel intérêt y-a-t-il d'acheter un fichier à un prix proche de celui affiché sur le livre disponible dans le commerce? Prenons l'exemple du dernier tome du Trône de Fer : Une danse avec les dragons, disponible à  18.91 euros, au format livre, contre 14.99 euros au format kindle (prix affichés sur amazon.fr). Autant dire qu'il reste plus intéressant de se procurer le premier cité...

Pour aller contre cette tendance, il me semble intéressant de vous parler d'un éditeur lyonnais peu connu mais au catalogue très intéressant : les Moutons Electriques. S'ils proposaient déjà des titres originaux quand aux sujets évoqués (pour ne citer qu'eux, un livre sur les manettes de jeux, une biographie de Sherlock Holmes, ...), on ne peut qu'apprécier l'édition d'un livre sur un des mangakas les plus influents et importants de sa génération : Naoki Urasawa.

Avant toute chose, on ne peut que remercier l'auteur, Alexis Orsini, pour son ouvrage, car ce type de travail est suffisamment rare en France pour être souligné. Sur près de 250 pages, l'auteur revient sur la vie de l'auteur de 20th Century Boys, Pluto, Monster et dernièous rement le prometteur Billy Bat... Sur ma liste de lecture depuis un petit moment, j'attends avec impatience de pouvoir mettre le nez dedans.

Disponible à un prix fort respectable de 23 euros au format "physique", l'éditeur a eu l'excellente idée de proposer une version epub (pour liseuses et autres tablettes) au prix de 5 euros, autant dire une bouchée de pain. Il suffit sur la fiche du livre, et le lien pour le paiement se trouve sur la gauche de l'écran.

Pour finir, je vous laisse avec le lien de la bibliothèque numérique, joli nom donné à la collection disponible au format epub. Et bien entendu, la différence de prix entre les deux formats est suffisamment importante pour passer au numérique (et prendre l'édition physique en même temps). A bon entendeur...


lundi 7 janvier 2013

(Lecture) La délicatesse


2013 commence tendrement. Plutôt que de commencer l'intégrale du Trone de Fer - qui traine depuis un an sur mes étagères - je préfère passer par des étapes intermédiaires. Genre David Foenkinos et les quelques 200 pages de l'édition de poche de La délicatesse. Autant dire tout de suite qu'en une bonne soirée, on en voit le bout.

L'histoire est banale, dramatiquement banale. Nathalie et François, c'est le coup de foudre. Une rencontre fortuite qui découlera sept ans plus tard sur un mariage. Mais forcément, FORCEMENT, tout est trop beau pour durer. Et un évènement dramatique va changer le cours de leur vie (instant solennel).

On évitera de spoiler, pour vous donner envie d'aller plus loin. Alors, oui, l'histoire est bateau. On connaît d'avance la fin, on la devine facilement. Mais finalement la forme que prend l'histoire donne envie  de continuer la lecture.

Plus grande qu'un paragraphe, plus petite qu'un chapitre, chaque partie du livre est numérotée, permettant de suivre le mouvement dynamique de l'histoire. L'originalité provient du fait que chaque partie est séparée par une note, faisant référence à un élément, souvent insignifiant, de la partie précédente. Et c'est cette organisation de l'intrigue qui la rend attachante. Finalement, c'est cette façon de s'intéresser à des détails, comme le font implicitement les protagonistes de l'histoire. Cela va des résultats d'une journée de ligue 1, en passant par la distance séparant Paris et Moscou ou encore les albums qu'auraient pu écrire John Lennon s'il n'avait pas passé l'arme à gauche. 

Alors, non, nous n'avons pas à faire à l'intrigue du siècle, mais ce type d'histoire est parfait pour débuter en douceur une nouvelle année placée sous de nombreuses inconnues.

A noter que le livre a été adapté au cinéma en 2011 avec dans les rôles principaux, Audrey Tautou (Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain) et François Damiens (Dikkenek). Je ne l'ai pas vu dans son intégralité, mais suis tombé par hasard dessus à la télé. J'ai failli me spoiler la fin, c'est dire...

Promis, la prochaine fois, je fais dans le plus "badass"